Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig

Avant de devenir écrivaine, Agnès Ledig a étudié l’agronomie, puis s’est reconvertie en sage-femme, métier qu’elle a exercé jusqu’à l’an dernier avant d’arrêter pour se consacrer entièrement à son métier d’écrivaine. Elle est venue à l’écriture parce qu’elle avait envie de crier au monde entier ce qu’elle était entrain de vivre.

C’est lors de l’hospitalisation de son deuxième fils pour une leucémie qu’elle s’est mise à écrire. Tous les semaines, elle rédigeait un bulletin destiné à donner des nouvelles à ses proches. Elle en a écrit une trentaine où elle essayait de dédramatiser la situation avec des choses positives et avec humour.

Après le décès de son fils, elle a fait un travail thérapeutique en écrivant un roman pour exprimer ce qu’elle ressentait mais sans parler d’elle. Ce roman trop noir intitulé « Deux secondes avant le miracle »(*) n’a pas été édité mais lui a donné le goût de l’écriture. Elle en écrit un deuxième et remporte le Coup de cœur des lectrices de Femme Actuelle avec « Marie d’en haut » qui sera édité en 2011.

Après ce succès, elle décide de retravailler son premier roman qui est devenu « Juste avant le bonheur ».

S’il est moins noir que le premier jet, « Juste avant le bonheur » est un roman dramatique qui parle de la perte d’un enfant. Les personnages ne trouveront donc pas le bonheur dans ce roman mais juste après avoir refermé le livre.

Julie a 20 ans, elle travaille comme caissière dans un supermarché pour subvenir à ses besoins et ceux de son fils de 3 ans qu’elle élève seule. Pour lui, elle subit l’abus de pouvoir de son chef, c’est d’ailleurs en voyant la larme à l’œil que Paul en passant à sa caisse s’émeut pour cette jeune fille. Après plusieurs passages à sa caisse, il l’invite elle et son fils à venir passer une semaine de vacances en Bretagne avec lui et son fils, médecin de 33 ans qui a perdu sa femme dépressive quelques mois auparavant.

Elle passe de merveilleuses vacances et appréhende son retour au supermarché après avoir goûté au bonheur. Mais ce n’est rien, comparé à ce qui l’attend, sur le chemin du retour, un chauffard qui roulait à contre sens les percute. Si Paul et elle ressortent presque indemnes de l’accident, Jérôme a une jambe et le bassin brisés et son petit Ludo est dans le coma avec un traumatisme crânien, le cerveau et la colonne vertébrale touchés.

Agnès Ledig a un vrai don pour l’écriture qui mêle humour et émotions. Sa nature hypersensible lui fait voir les choses autrement permettant une véritable justesse dans la description des émotions.

Les émotions sont présentes tout au long du livre avec une différence entre la partie précédant l’accident où malgré les bosses de la vie de chacun est plutôt joyeuse et la deuxième partie, celle de l’hospitalisation et du deuil où la tristesse et la douleur prédominent.

A lire avec une boîte de mouchoirs à porté de main !

Un véritable coup de cœur pour ce roman et pour la plume d’Agnès Ledig. Cette lecture me donne envie de lire ses autres romans qui sont tous porteurs de messages.

(*) en référence à un proverbe dans le livre : « ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle »

Juste avant le bonheur

Roman d’Agnès Ledig

Paru aux Éditions Albin Michel en 2013 – 343 pages

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Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Ecrit par Fannie Flagg, une américaine productrice et star du petit écran, le livre « Beignets de tomates vertes » est paru il y a 30 ans aux Etats-Unis avant d’être traduit et édité en France en 1992 suite à l’adaptation du roman en film. L’histoire n’a pas pris une ride puisqu’elle se passe dans les années 80 et raconte la vie d’une famille et d’une petite ville à partir des années 30.

L’héroïne est censée être Evelyne Couch, à l’approche de la cinquantaine mais elle est tellement perdue, déprimée, boulimique qu’on la délaisse au profit de Virginia Threadgoode une charmante, pétillante et attachante octogénaire pleine de vie. Si la première se considère « trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune » et sans raison de vivre, la deuxième est restée jeune dans sa tête et ne s’est même pas rendu-compte qu’elle était devenue vieille.

Les deux femmes se rencontrent à la maison de retraite où Evelyne accompagne son mari qui rend visite à sa mère chaque dimanche. Dès la première visite, Evelyn délaisse sa belle-mère acariâtre pour la salle à manger où elle rencontre Virginia. Celle-ci lui raconte sa jeunesse à Whistle Stop une petite ville de l’Alabama. Orpheline, elle est adoptée par la famille Threadgoode dont elle épousera l’un des 9 enfants. Les souvenirs de Ninny la mène surtout au Whistle Stop Café tenu par Idgie Threadgoode et sa compagne Ruth Jamison où elle passait une bonne partie de son temps et dégustait des beignets de tomates vertes. Le récit commence en 1929 avec l’ouverture du café et se poursuit jusqu’en 1955 date de sa fermeture.

Une amitié va naître entre les deux femmes qui aidera Evelyne à sortir de sa dépression et donner un sens à sa vie.

Parallèlement, il y a deux intrigues dont on connaît le dénouement à la fin du livre : qui a tué Frank Bennet le mari de Ruth Jamison et qui se cachait sous le nom de Railroad Bill le robin des rails qui la nuit balançait de la nourriture du train pour les petits gens affamés par la crise économique.

La structure du livre est assez originale, surtout pour les années 80, avec une alternance entre le moment présent (1985/1986), le passé (années 30, 40 et 50) et les billets humoristiques. L’histoire continue d’un chapitre à l’autre en alternant narration et action. Virginia raconte ses souvenirs et l’histoire se poursuit comme si on y était dans le chapitre suivant. Entre chaque chapitre s’intercale le bulletin hebdomadaire intitulé « La gazette de  Weems » où Dot Weems relate les événements de Whistle Stop avec humour et dérision. Autre originalité, à la fin du livre, il y a des recettes des plats servis au Whistle Stop Café dont celles des beignets de tomates vertes !

Une chronique tendre et nostalgique sur fond de crise économique. De nombreux sujets sont abordés tels que l’amour, l’amitié, l’entraide, les relations entre les noirs et les blancs, la ségrégation raciale, l’homosexualité, les violences conjugales… Avec des sujets typiques des années 80  aux Etats Unis comme le blanchiment de la peau, le Ku Klux Klan…

On retiendra surtout l’entraide et l’amitié entre les petites gens sans distinction de couleurs de peau. Petites gens que l’on quitte avec regrets !

A découvrir ou redécouvrir pour passer un bon moment avec des personnages attachants !

Beignets de tomates vertes

Roman de Fannie Flagg

Traduction française parue aux éditions J’ai lu en 1992 – 475 pages

Les chasseurs de mammouths de Jean M. Auel

Après « Le clan de l’ours des cavernes »  et « La vallée des chevaux », voici « Les chasseurs de mammouths » le troisième tome des aventures d’Ayla l’héroïne de la célèbre saga préhistorique de Jean M. Auel.

Avant de partir faire le « Grand voyage », Ayla et Jondalar décident de faire un petit voyage de quelques jours au delà de leur vallée, en compagnie de Whinney et Rapide les chevaux d’Ayla. C’est là qu’ils rencontrent les chasseurs de mammouths, un camp de Mamutoï appelé « Le clan du Lion ». Les échanges sont facilités car Jondalar a appris le mamutoï lorsqu’il séjournait avec son frère dans un camp de Sharamudoï jumelé à un camp de Mamutoï.

Ayla est impressionnée par ces géants roux mais aussi par leur nombre et le bruit qu’ils peuvent faire en parlant tous à la fois car elle vient d’un peuple communiquant essentiellement par gestes, et des « Autres » elle ne connaît que Jondalar. Quant aux Mamutoï, ils sont impressionnés par ce couple de blonds aux yeux bleus et plus encore par le fait qu’Ayla maîtrise l’esprit des chevaux au point de pouvoir monter sur leur dos, sentiment qui sera renforcé lorsqu’elle adoptera et apprivoisera un louveteau.

Invités à séjourner l’hiver au camp du Lion, Ayla découvre la vie en communauté, les us et coutumes des Autres, lie des amitiés très fortes et son cœur de maman se réveille lorsqu’elle rencontre Rydag un enfant d’esprits mêlés de l’âge de son fils Durc qu’elle a confié à sa sœur 3 ans auparavant quand elle a été bannie du clan de l’ours des Caverne. En lui apprenant le langage gestuel du clan, Ayla va transformé la vie du petit Rydag au sein de son peuple car il pourra enfin communiquer avec les autres et ainsi ne plus être considéré comme un animal incapable de parler. Ayla va lier avec cet enfant une relation particulière.

Ayla et Jondalar vont partager leurs inventions et découvertes (propulseurs à sagaies, travois, pierre à feux…) et apprendre de nouvelles techniques. Ils vont vivre pleins d’aventures au camp du Lion ainsi que lors du rassemblement d’été des camps de Mamutoï de la région. Leur amour sera mis à rudes épreuves avec de nouveau des incompréhensions mutuelles mais aussi à cause du beau Ranec qui tombe sous le charme d’Ayla et qui ne laisse pas cette dernière insensible !

Un troisième tome encore différent des deux premiers dans lequel on retrouve la plume de Jean M. Auel avec de l’action, des sentiments… On dévore les nombreuses pages sans s’en rendre compte et on en redemande ! J’espère vous avoir donné envie de découvrir cette saga avec la présentation des 3 premiers tomes. Pour le moment, je ne pense pas publier d’articles sur les trois derniers tomes. Le quatrième et le cinquième tomes nous font vivre les aventures et les mésaventures d’Ayla et de Jondalar au cours de leur « Grand Voyage » qui les ramène dans la famille de Jondalar, puis leur vie là-bas, la naissance de leur fille et enfin l’initiation d’Ayla au monde des esprits dans le dernier tome.

Les chasseurs de mammouths 

Tome 3 de la saga préhistorique « Les enfants de la Terre » de Jean M. Auel

Paru aux Editions Pocket – 915 pages

La vallée des chevaux de Jean M. Auel

Après le premier tome « Le clan de l’ours des cavernes » , voici la suite des aventures d’Ayla l’héroïne de la célèbre saga préhistorique de Jean M. Auel.

Bannie par Broud devenu le chef, Ayla quitte clan de l’Ours des cavernes et suit le conseil de sa mère adoptive :  « part à la recherche des Autres et trouve toi un compagnon ». Elle se dirige vers l’ouest afin de trouver ses semblables. Lorsqu’elle découvre une petite caverne près d’une rivière dans un territoire giboyeux, elle décide de s’y installer pour y passer l’hiver avant de continuer sa quête des Autres.

En préparant des réserves pour l’hiver, elle décide de tuer un animal de grande taille en l’occurrence un cheval. C’est une jument qui tombera dans son piège laissant une pouliche orpheline, qu’Ayla l’adoptera. Plus tard, c’est un lionceaux des cavernes blessé qu’elle soignera et éduquera jusqu’à ce qu’il soit adulte et parte vivre sa vie de lion des cavernes dominant. La pouliche devenue grande partira aussi vivre quelques temps avec un groupe de chevaux sauvages et aura un petit avec un étalon puis reviendra vivre avec Ayla à la mort de l’étalon. Ces deux animaux deviendront ses compagnons mais c’est aussi eux qui l’empêcheront de repartir chercher les Autres.

Elle vivra 3 années seule dans sa vallée jusqu’à ce qu’elle découvre un Autre gravement blessé par un lion. Elle le soignera, apprendra le langage des Autres et tombera amoureuse mais la relation entre eux aura du mal à se concrétiser en raison d’une différence de culture et donc de compréhension de l’autre.

Ce deuxième tome est très différent du premier, du fait de sa structure (les 3 premiers quarts du livre, les chapitres alternent les aventures parallèles d’Ayla et de Jondalar) et du fait que les aventures d’Ayla soient solitaires. Ce tome étant présenté comme la rencontre entre Ayla et Jondalar, il faut  toutefois être un peu patient car leur rencontre n’a lieu qu’au bout de 443 pages.

Sur cette carte, on voit le chemin parcouru par Ayla (de la caverne du clan jusqu’à la vallée des chevaux) mais aussi celui de Jondalar (de Zelandonii jusqu’à la vallée des chevaux) :

Jondalar est parti accompagner son frère Thonalan faire le grand voyage. Ils rencontreront différents peuples mais aussi des Têtes Plates (l’homme de Neandertal) que l’homme de Cro-Magnon considère comme des animaux et dont ils ont un profond dégoût. Cela sera l’un des sujets d’incompréhension entre Ayla et Jondalar.

Dans ce tome, Jean M Auel a prit un peu d’aise avec la chronologie. Elle fait apparaître des inventions comme le propulseur à sagaie ou les pierres à feu bien plus tôt que daté par la science mais cela pour les besoins du roman et le plus grand plaisir des lecteurs. Et seuls les scientifiques ou les férus de préhistoire s’en offusqueront.

Bien que rythmé différemment, ce deuxième tome est aussi bon que le premier, ne manque ni d’action, ni de sentiments et nous offre de beaux personnages principaux qui formeront le couple idéal dans les futurs tomes !

La suite avec le troisième tome : Les chasseurs de mammouths (prochainement)

La vallée des chevaux

Tome 2  de la saga préhistorique « Les enfants de la Terre » de Jean M. Auel

Paru aux Editions Pocket – 700 pages

 

Le clan de l’ours des cavernes de Jean M. Auel

Jean M. Auel est l’auteure de romans préhistoriques la plus mondialement connue. Sa saga « Les enfants de la Terre » a été vendue à plus de 45 millions d’exemplaires dans le monde.

Tout a commencé en 1976 lorsque Jean M. Auel écrit une nouvelle sur le thème de la femme à la préhistoire. Par la suite, elle décide de transformer  cette nouvelle en roman en la divisant en 6 parties et écrit les Enfants de la Terre dont la parution s’étale de 1980 à 2011. Pour se faire, elle s’est beaucoup documentée en lisant de nombreuses études scientifiques portant sur la préhistoire, fait des stages comme apprendre à faire des abris, faire du feu, tanner du cuir… Par la suite, elle a aussi visité de nombreux sites préhistoriques en Europe.

Si au début, le monde scientifique était très sceptique sur le fait de romancer la préhistoire, il a salué son travail de recherche et sa plume.

Ayla a 5 ans lorsqu’elle échappe au tremblement de terre qui la sépare de sa famille et de son clan. Seule, elle erre quelques temps avant d’être affamée, fatiguée et de rencontrer un lion des cavernes qui la blesse sérieusement à la jambe. Elle est presque mourante lorsque Iza la guérisseuse du Clan de l’Ours des Cavernes la découvre et insiste auprès de son frère Brun le chef pour la soigner. Malgré les réticences de ce dernier à accueillir un enfant des autres dans son clan, il accepte pour faire plaisir à sa sœur enceinte qui vient de perdre son compagnon lors du tremblement de terre qui a détruit leur caverne.

Ayla, une homo sapiens va grandir non sans mal parmi les hommes de Neandertal. L’homme de Neandertal et l’homme de Cro-Magnon sont fondamentalement opposés aussi bien physiquement que cérébralement.  Les premiers vont s’éteindre alors que les seconds vont évoluer pour devenir les humains d’aujourd’hui.

Ayla va devoir apprendre leur langage composé de gestes et de quelques sons proches du grognement, à mémoriser quand les autres n’ont qu’à activer leur mémoire ancestrale enregistrée dans leur cerveau. Les femmes et les hommes naissent avec toutes les connaissances nécessaires à leur vie de femme ou d’homme. Les tâches des uns et des autres sont très distinctes et ils sont incapables d’effectuer les tâches du sexe opposé car ils sont aussi incapables d’apprendre ou de créer quoi que se soit de nouveau. C’est d’ailleurs une des raisons de leur disparition, leur cerveau contenant tout leur savoir avait atteint la taille maximale et ils n’ont donc pas pu évoluer.

Mais le plus dur pour elle, sera de se conformer à leurs coutumes en raison de sa différence car elle apprend vite aussi bien les activités féminines que masculines et ne peut s’empêcher de braver les interdits comme de chasser, activité réservée aux hommes.

Dans ce premier tome, Ayla grandit entourée d’amour et de bienveillance auprès d’Yza la guérisseuse, de Creb le chaman et d’Uba sa petite sœur de cœur la fille d’Yza. Mais au fur et à mesure qu’elle grandit, la haine qu’elle inspire à Broud le fils du chef ne cesse de s’amplifier. Elle deviendra une guérisseuse comme sa mère d’adoption et aura un fils Durc de sangs mêlés qu’elle devra confier à sa sœur lorsque Broud succédant à son père à la tête du clan la bannira.

Grâce à sa plume et son talent de narratrice Jean M. Auel nous offre une histoire prenante que l’on dévore du début jusqu’à la fin avec de l’action, des sentiments, une héroïne courageuse et des personnages forts. Le clan de l’ours des cavernes est le premier tome de la saga et si vous ne devez en lire qu’un seul c’est celui-là mais je doute qu’après l’avoir lu vous ne veuillez pas connaître la suite des aventures d’Ayla l’héroïne !

La suite des aventures d’Ayla avec le tome 2 : la vallée des chevaux !

Le clan de l’ours des cavernes

Tome 1 de la saga préhistorique « Les enfants de la Terre » de Jean M. Auel

Paru aux Editions Pocket – 537 pages

Ma Cabane en Alaska fête ses 1 an !

Aujourd’hui, c’est mon Blog’Anniversaire ! Le premier ! Il y a un an jour pour jour, le 10 mai 2015, je commençais à partager mes débuts en couture, mes recettes et mes lectures préférées en publiant mon premier article. Ce blog c’est un peu l’album de mes passions qui comporte déjà plusieurs volumes puisque un an après, j’ai déjà publié 140 articles.

L’occasion de feuilleter avec vous quelques uns de mes albums :

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A feuilleter aussi : l’album de mes tenues Home Made du Me Made Mars 2016.

  • Pour le plaisir des yeux et des papilles, l’album de mes recettes sucrées :

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  • Sans oublier l’album de mes recettes salées :

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1 an cela s’arrose … avec un verre de marquisette à la framboise ! :D)

 Merci à vous toutes pour vos visites et vos commentaires !!!

Le Chant du Grand Nord de Nicolas Vanier (2 tomes)

Le Chant du Grand Nord est l’un des romans de Nicolas Vanier que je préfère (même si je les aime tous). Si c’était un film, on parlerait d’un road movie car le héros est sur la route du début jusqu’à la fin du livre. Au cours d’un périple de 5 années, il fera un aller-retour entre la côte Ouest de l’Alaska jusqu’à la côte Est du Canada à Québec.

GRAND NORD TOME 1

Ohio a quinze ans lorsqu’il est forcé de quitter son village chassé par le chaman qui le déteste depuis sa naissance, ne cesse de l’humilier et de répéter qu’il est l’Esprit du Mal. Pour preuve, Ohio n’a toujours pas eu le sahii (le droit de tuer des animaux avec une arme) alors que tous les enfants de 13 ans l’ont. Tout ça parce qu’il est différent des autres indiens Nahannis car il est le fruit d’un amour entre sa mère Sacajawa, une belle indienne qui a servi de guide à une expédition, et de Cooper un Anglais. De son handicap, il en a fait une force car n’ayant pas le droit de chasser avec un arc ou une lance, il est devenu le meilleur piégeur et a développé des inventions telle que la roue à saumon ne pouvant pêcher à la lance.

Il part de son village avec sa meute de chiens dont le chef est Torok, un husky intelligent et qui voue un amour indéfectible à son maître, ainsi que Oumiak, la seule chienne de la meute, qui fera plusieurs portées au cours du périple.

GRAND NORD TOME 2

Ohio rencontre des peuples très différents tels que les Blancs et leurs inventions ingénieuses (bateaux, allumettes, armes, vitres…) mais aussi les Inuits un peuple de chasseur pêcheur dont le mode de vie n’a guère évolué depuis la préhistoire. Mais surtout, il traverse un pays dévasté par la guerre que se mènent les peuples indiens entre eux pour conquérir les territoires de chasse au bénéfice des Blancs qui leur offrent en contrepartie des fourrures des denrées (lard, farine) des objets utiles (poêle, allumettes, couverture, vitres…) des armes (fusils, pièges…) et surtout de l’alcool. Ohio découvre aussi les effets dévastateurs sur la nature (des zones entières vidées de leurs animaux), la survie des peuples indiens (famines dues au temps passé à la chasse aux fourrures plutôt qu’à se constituer des réserves de viande et de poisson pour passer l’hiver, puis le manque d’animaux sur leur territoire).

On ne peut que faire un parallèle entre cette époque où le désir de fourrure des Européens détruit la vie des indiens et la nature du Grand Nord et notre époque où nos envies ou nos besoins (mobilier en teck, huile de palme…) bouleversent à jamais l’équilibre de la nature à l’autre bout du monde.

Au cours de son voyage, Ohio partira à la recherche d’informations sur ce père qui avait promis à sa mère de revenir, il apprendra qu’il n’est pas mort comme il le pense… Il rencontrera l’amour avec Mayoké une jeune indienne mais vivra aussi des drames en perdant des êtres chers, affrontera de nombreux dangers (chutes dans l’eau glacée, grizzly…).

C’est un roman d’aventures très rythmé que j’ai dévoré du début jusqu’à la fin !  Au fil des pages, j’ai vu le Grand Nord défiler dans ma tête où sont gravées les images des splendides paysages vus dans des films documentaires.  On s’enthousiasme pour cette vie simple en totale adéquation avec la nature et on se révolte face à la destruction inéluctable d’une nature, d’un peuple.

Un livre à découvrir et à dévorer !

Le Chant du Grand Nord 

  • Tome 1 – Le chasseur de rêve – 474 pages
  • Tome 2 – La tempête blanche – 460 pages

Roman de Nicolas Vanier paru chez XO Éditions en 2002