Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flagg

Après avoir lu « Beignets de tomates vertes » et « Nous irons tous au paradis » de Fanny Flagg, j’ai récidivé avec « Miss Alabama et ses petits secrets ».

Dès le premier chapitre, on entre dans le vif du sujet : Maggie Fortenberry, 60 ans, célibataire sans enfant, ancienne Miss Alabama et agent immobilier à Birmingham a pris une grande décision : elle a décidé de mettre fin à ses jours ! Elle y pense depuis 5 ans. Elle a fait des listes avantages/inconvénients de son existence et trouvé 16 bonnes raisons de sauter dans la rivière contre seulement 2 mauvaises.

Elle prend toutes les dispositions, règle toutes les questions pratiques : trier ses papiers, détruire documents et photos, fermer ses comptes en banque, payer ses factures, résilier ses abonnements, rendre sa voiture au leasing, commander l’entretien et le fleurissement de la tombe de ses parents pour les 25 prochaines années. Elle donne tous ses vêtements, fait dons de son argent ainsi qu’une dernière liste pour le jour J afin de ne rien oublier : vider le frigo/ congélateur, sortir les poubelles… Elle a même fait une répétition simulation du jour J pour éviter toute mauvaise surprise de dernier moment.

Mais lorsqu’elle apprend, juste avant le jour J, qu’une des plus vieilles maisons de la ville située dans le vieux quartier résidentiel est à vendre, elle décide d’appeler l’avocat qui s’occupe des affaires de la famille, une ancienne connaissance, pour obtenir le mandat de vente pour l’agence où elle travaille. Celui-ci l’informe que le mandat a été confié à une certaine Babs Binington, une agent immobilier concurrente sans scrupules qui rafle toutes les ventes de la ville ces derniers mois. Après son appel, l’avocat décide d’attribuer le mandat à Magaret Fortenberry.

Le jour J, elle s’installe à l’arrière du taxi devant la mener à la rivière quand son téléphone sonne : un appel de New-York qui l’informe que c’est elle en personne et seulement elle qui a été choisie pour s’occuper de la vente de la maison de Crestview ! Elle ne peut refuser sinon c’est Babs qui récupère le mandat ! Elle doit remettre ses plans à plus tard, le temps de vendre la maison !

Elle avait tellement tout bien coordonné qu’elle se retrouve avec un appartement vide, sans vêtements ni voiture et sans argent !

En préparant la maison de Crestview pour la vente avec sa collègue, elles découvrent 2 malles entreposées depuis 1946 en attente de l’arrivée de leur propriétaire, dont une qui contient un squelette. Elles décident de l’entreposer le temps de la vente dans le box loué par sa collègue.

Intriguée par cette découverte, elle s’intéresse à la vie de l’ancien propriétaire Edward Crocker et son père Angus, riche industriel écossais qui fit construire cette demeure sur la colline.

Trois mois plus tard, elle finit par vendre la maison, reprend son plan pour mettre fin à ses jours mais à nouveau rien ne se passe comme prévu !

Après un démarrage un peu long où l’histoire et les personnages se mettent en place, une présentation minutieuse de son plan, l’histoire s’accélère et devient intéressante !

Les personnages, un peu stéréotypés voire complétement loufoques, sont très attachants. Les thèmes abordés, le choix des personnages (une communauté de femmes) sont là pour faire passer des messages. Et si certains rebondissements sont prévisibles d’autres ne le sont pas du tout.

Un roman drôle et divertissant à mettre dans sa valise !

En parlant de valises, les miennes sont prêtes ! Ne vous étonnez donc pas si votre commentaire ne reçoit pas de réponse ou si je ne publie pas pendant quelques temps, je pars en vacances sans connexion…

Je vous souhaite de bonnes vacances et je vous donne rendez-vous en août ! A bientôt !

Miss Alabama et ses petits secrets

Roman de Fannie Flagg

Paru aux Éditions Le Cherche Midi en 2014 – 435 pages

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Pars avec lui d’Agnès Ledig

La lecture de « Juste avant le bonheur » d’Agnès Ledig m’avait donné envie de lire ses autres romans, j’ai choisi « Pars avec lui » son troisième roman. roman Agnès Ledig Editions Albin Michel

Lors d’une intervention, Roméo un jeune pompier tombe du huitième étage, évite la mort de justesse grâce aux arbres qui amortissent sa chute. Dans un état critique, il est pris en charge par Juliette l’infirmière de garde ce soir là au service réanimation.

Au fil des gardes de Juliette, un lien fort va s’établir entre l’infirmière et son patient. Touchée par l’histoire de ce jeune homme 25 ans qui depuis sa majorité élève seul sa petite sœur de 14 ans, elle va l’aider à reprendre goût à la vie et se reconstruire.

Derrière la douceur, la générosité et l’optimisme naturels de Juliette se cache un mal être dans sa vie personnelle. Son désir obsessionnel d’enfant et son besoin d’amour sont si forts qu’elle ne voit pas que Laurent son compagnon manipulateur l’a isolée de sa famille et ses amis, qu’il la rabaisse et l’humilie sans cesse. Son travail étant son échappatoire et le dernier rempart à son isolement.

Lorsque Roméo quitte l’hôpital pour un centre de rééducation, il écrit à Juliette pour la remercier. Une correspondance s’instaure entre eux jusqu’au jour où Laurent tombe sur une lettre et ordonne à Juliette d’y mettre fin. Elle s’exécute de peur qu’il la quitte et écrit à Roméo de la laisser tranquille. Roméo obéit par respect pour Juliette.

Dans la seconde partie du livre, on retrouve les personnages trois ans plus tard, où tout semble aller pour le mieux : Roméo a repris ses fonctions de pompier, sa petite sœur Vanessa est devenue une jeune fille de 17 ans indépendante et studieuse. Juliette attend enfin l’enfant tant désiré mais si cette grossesse apporte de la joie à Juliette, elle finit de l’isoler complètement car elle a arrêté de travailler. Elle se retrouve ainsi sous l’entière coupe de Laurent.

Quand Juliette s’enfuit pour échapper à Laurent, il n’hésite pas une seconde, quitte tout pour voler à son secours.

L’histoire de Juliette met l’accent sur les violences conjugales qu’elles soient physiques ou psychologiques. Elle montre la difficulté de voir, d’agir car les apparences sont parfois trompeuses, Laurent passe pour le gendre idéal, mais aussi le refus de voir, d’agir, la volonté de ne pas laisser voir, ou encore le sentiment d’impuissance.

A l’histoire principale s’ajoutent et se mêlent celles de l’arrière grand-père de Roméo, de la grand-mère de Juliette et de son collègue. Par le biais de tous les personnages, l’auteure aborde de nombreux sujets tels que se reconstruire après un accident, les relations toxiques dans le couple allant de la simple mauvaise humeur du conjoint aux violences psychologiques et physiques, se construire quand on n’a pas eu des parents à la hauteur, le désir d’enfant, la perte de l’enfant ou encore exister sans enfant, la sexualité à l’adolescence, la contraception, le choix de sa mort….

Agnès Ledig écrit pour transmettre des messages, éveiller les consciences sur des sujets de sociétés, le tout avec bienveillance envers ses personnages et ses lecteurs. Ses personnages fragilisés par la vie suivent leur chemin encore semé d’embûches jusqu’au bonheur, avec pour adage « l’important, ce n’est pas d’où l’on vient, ce que l’on a vécu mais où l’on va ! ».

La plume est agréable à lire, claire, précise et juste. Cette justesse dans la description des émotions de ses personnages est renforcée par l’alternance des deux narrateurs principaux auxquels s’intercale le journal intime de la petite sœur de Roméo.

A découvrir !!!

Pars avec lui

Roman d’Agnès Ledig

paru aux Éditions Albin Michel en 2014 -359 pages

Les délices de Tokyo de Durian Sukewaga

Sentarô, un homme dans la force de l’âge, tient une petite boutique de dorayakis. Ce sont de petites pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits appelée « An ».

Toute la journée, il est debout derrière sa plaque chauffante à préparer ces petits gâteaux et à servir les clients. Il travaille sans relâche mais aussi sans conviction dans le seul but de parvenir à rembourser sa dette. Pour oublier que sa destinée lui a faire prendre un mauvais chemin et que son rêve de devenir écrivain en restera un justement… il boit de l’alcool.

Un jour une vieille dame vient postuler à l’offre d’emploi affichée sur la devanture. Elle est prête à travailler pour la moitié du salaire proposé car elle a toujours rêvé de faire ce travail. Sentarô refuse en prétextant qu’à son âge, 76 ans ce n’est pas possible. Elle revient un autre jour pour lui dire qu’elle accepterai un salaire encore plus bas (200 yens de l’heure au lieu de 600) mais Sentarô refuse encore.

Cette fois, elle achète un doryaki dont elle trouve la pâte à pancake pas mauvaise mais la pâte de an insipide et sans âme. Normal, c’est de la pâte de haricots industrielle. Elle repart en lui laissant une petite boîte hermétique contenant le an qu’elle a préparé comme elle le fait depuis 50 ans.

Après avoir jeté la boîte à la poubelle, il a des scrupules et décide qu’en le goûtant il aurait fait son devoir et aurait la conscience tranquille. Or, le an de Tokue n’a rien à voir avec le an industriel dont il se sert. Celui-ci est juste délicieux ! Le soir au bar, il réfléchit et se dit que l’embaucher pour presque rien, ainsi que son excellent an augmenterait son chiffre d’affaire et qu’ainsi il pourrait rembourser plus vite ses dettes et se libérer de ce travail. Reste le problème des mains déformées de la vieille dame… Il décide qu’elle ne s’occuperait que de la préparation de la pâte de an dans l’arrière boutique à l’abri des regards.

Tokue lui enseigne l’art de préparer la pâte de haricots confits. Rapidement, grâce la pâte de an exquise de Tokue, la petite échoppe devient un endroit incontournable et Sentarô voit sa clientèle doubler.

Un jour, Sentarô trop fatigué ne vient pas travailler et Tokue le remplace à la boutique. Le lendemain, elle ne résiste pas à l’envie d’être au contact des clients surtout les jeunes collégiennes. Elle se lie d’amitié avec Wakana une jeune collégienne un peu perdue. Au fil des jours, la clientèle ne cesse de diminuer et Tokue doit partir car ses mains déformées et les traces de paralysie sur son visage en sont la cause. Les clients la fuient comme si elle avait une maladie contagieuse ! Effectivement, les séquelles de Tokue sont dû à la lèpre qu’elle a contracté à l’âge de 14 ans et la cause de son internement forcé dans une léproserie pendant 50 ans.

Alors qu’il utilise un vaccin depuis 1947,  le Japon a persisté à considérer les lépreux guéris comme dangereux qu’il fallait interner à vie. Un temps considérée comme une maladie héréditaire, les avortements et la stérilisation sont pratiqués de force. Ce n’est qu’en 1996, qu’une loi leur rend leur liberté. Mais comme le personnage de Tokue, les lépreux ont en moyenne 75 ans et beaucoup ont de lourds séquelles (cécité, handicap…) et n’ont jamais connu la vie en société, n’ont plus de famille alors ils restent vivre là où ils ont toujours vécus.

Les personnages tous abîmés par la vie sont très attachants, surtout celui de Tokue qui est pleine de vie, espiègle et qui a gardé son âme d’enfant, pure et optimiste.

C’est un roman émouvant et captivant à l’écriture moderne qui au travers de cette partie de l’histoire du Japon peu connue aborde des thèmes tels que l’exclusion, l’enferment, la peur de la maladie, de la différence et du handicap… ayant tous comme point commun le reflex du rejet, montre la difficulté à faire évoluer les mentalités.

Un vrai coup de cœur pour cette belle histoire de complicité et d’amitié intergénérationnelle !

Ce roman a été adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase et primé au festival de Cannes en 2015. Le film est disponible en DVD en version originale (japonnais) sous titrée en français. L’histoire a été légèrement adaptée, le personnage de Wakana la collégienne est plus présent. J’ai bien aimé le film, toutefois je préfère largement le livre qui offre plus de profondeur aux personnages, à leur vie et aux malades de la peste.

Les Délices de Tokyo

Roman de Durian Sukewaga

Paru aux Éditions A vue d’œil en 2016 –   352 pages

Nous irons tous au paradis de Fanny Flagg !

Après avoir lu « Les beignets de tomates vertes », j’ai récidivé avec « Nous irons tous au paradis » le dernier roman de Fannie Flagg. Une lecture feel good au coin du feu ou au chaud sous la couette entre 2 rangs de tricot qui contrebalance parfaitement la grisaille et la froidure de cet automne !

L’histoire se passe aux États-Unis dans une petite ville du Missouri au milieu des années 2000. L’héroïne Elner Shimfissle, une octogénaire pleine de vie sortie cueillir des figues dans son jardin se fait attaquer par un essaim de guêpes et tombe de l’échelle. Transportée d’urgence, elle succombe en arrivant à l’hôpital. Très vite, la nouvelle de son décès se propage dans la petite ville d’Elmwood Spring. Passé le premier choc, tout le monde s’affaire aux préparatifs de ses funérailles.

Au fil des pages, on découvre Elner, une femme incroyablement optimiste, toujours prête à rendre service, généreuse, qui fait le bien autour d’elle et qui est toujours de bons conseils. Une belle âme ! Un peu farfelue et très spontanée, elle n’hésite pas à appeler ses proches pour leur poser des questions métaphysiques ou leur faire part d’une nouvelle scientifique quelque soit l’heure du jour et de la nuit.

Elner est accueillie aux portes du paradis par sa sœur Ida où elle rencontre les Créateurs qui lui apparaissent sous l’aspect physique de familiers, son amie Dorothy et Raymond le mari de cette dernière tous deux décédés, afin de la mettre à l’aise.

Passé l’appréhension d’avoir à rendre des comptes sur ses actes, entre autre avoir donné un laxatif à un enfant de 8 ans pour le punir d’avoir jeté un caillou sur son chat, Elner discute avec Dieu.x. Très curieuse de nature, Elner en profite pour leur poser toutes les questions qui la turlupine depuis longtemps tel que le fait de savoir qui est arrivé le premier l’œuf ou la poule !

Contre toutes attentes, les Créateurs la renvoient sur terre, son retour d’entre les morts, ainsi que ses souvenirs de son passage dans l’au-delà, surprendra les médecins, sa famille et modifiera leur existence.

Comme dans les beignets de tomates vertes, l’héroïne est une octogénaire charmante, pétillante et attachante et le second personnage, ici sa nièce Norma, une cinquantenaire mal dans sa peau qui se révèle et s’épanouit au cours de l’histoire. Auxquels s’ajoutent les nombreux personnages du roman dont le talent de Fannie Flagg est de leur donner vie en quelques lignes et de nous faire croire que nous les connaissons !

L’auteure a su glisser quelques mystères qui nous titillerons jusqu’aux dernières pages, tel que le pistolet trouvé dans le bac à linge d’Elner par une de ses amies qui la croyant morte avait commencé à faire du ménage dans ses affaires.

Les chapitres courts offrent du rythme à ce roman drôle, émouvant parfois un peu caricatural, avec un peu trop de bons sentiments mais cela est divertissant et fait un bien fou au moral !

A lire si vous cherchez un livre drôle, attachant, émouvant,… qui donne la pêche et qui se lit tout seul !

Nous irons tous au paradis

Roman de Fanny Flagg

Paru au Éditions du Cherche Midi en 2016 – 394 pages

Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig

Avant de devenir écrivaine, Agnès Ledig a étudié l’agronomie, puis s’est reconvertie en sage-femme, métier qu’elle a exercé jusqu’à l’an dernier avant d’arrêter pour se consacrer entièrement à son métier d’écrivaine. Elle est venue à l’écriture parce qu’elle avait envie de crier au monde entier ce qu’elle était entrain de vivre.

C’est lors de l’hospitalisation de son deuxième fils pour une leucémie qu’elle s’est mise à écrire. Tous les semaines, elle rédigeait un bulletin destiné à donner des nouvelles à ses proches. Elle en a écrit une trentaine où elle essayait de dédramatiser la situation avec des choses positives et avec humour.

Après le décès de son fils, elle a fait un travail thérapeutique en écrivant un roman pour exprimer ce qu’elle ressentait mais sans parler d’elle. Ce roman trop noir intitulé « Deux secondes avant le miracle »(*) n’a pas été édité mais lui a donné le goût de l’écriture. Elle en écrit un deuxième et remporte le Coup de cœur des lectrices de Femme Actuelle avec « Marie d’en haut » qui sera édité en 2011.

Après ce succès, elle décide de retravailler son premier roman qui est devenu « Juste avant le bonheur ».

S’il est moins noir que le premier jet, « Juste avant le bonheur » est un roman dramatique qui parle de la perte d’un enfant. Les personnages ne trouveront donc pas le bonheur dans ce roman mais juste après avoir refermé le livre.

Julie a 20 ans, elle travaille comme caissière dans un supermarché pour subvenir à ses besoins et ceux de son fils de 3 ans qu’elle élève seule. Pour lui, elle subit l’abus de pouvoir de son chef, c’est d’ailleurs en voyant la larme à l’œil que Paul en passant à sa caisse s’émeut pour cette jeune fille. Après plusieurs passages à sa caisse, il l’invite elle et son fils à venir passer une semaine de vacances en Bretagne avec lui et son fils, médecin de 33 ans qui a perdu sa femme dépressive quelques mois auparavant.

Elle passe de merveilleuses vacances et appréhende son retour au supermarché après avoir goûté au bonheur. Mais ce n’est rien, comparé à ce qui l’attend, sur le chemin du retour, un chauffard qui roulait à contre sens les percute. Si Paul et elle ressortent presque indemnes de l’accident, Jérôme a une jambe et le bassin brisés et son petit Ludo est dans le coma avec un traumatisme crânien, le cerveau et la colonne vertébrale touchés.

Agnès Ledig a un vrai don pour l’écriture qui mêle humour et émotions. Sa nature hypersensible lui fait voir les choses autrement permettant une véritable justesse dans la description des émotions.

Les émotions sont présentes tout au long du livre avec une différence entre la partie précédant l’accident où malgré les bosses de la vie de chacun est plutôt joyeuse et la deuxième partie, celle de l’hospitalisation et du deuil où la tristesse et la douleur prédominent.

A lire avec une boîte de mouchoirs à porté de main !

Un véritable coup de cœur pour ce roman et pour la plume d’Agnès Ledig. Cette lecture me donne envie de lire ses autres romans qui sont tous porteurs de messages.

(*) en référence à un proverbe dans le livre : « ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle »

Juste avant le bonheur

Roman d’Agnès Ledig

Paru aux Éditions Albin Michel en 2013 – 343 pages

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Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Ecrit par Fannie Flagg, une américaine productrice et star du petit écran, le livre « Beignets de tomates vertes » est paru il y a 30 ans aux Etats-Unis avant d’être traduit et édité en France en 1992 suite à l’adaptation du roman en film. L’histoire n’a pas pris une ride puisqu’elle se passe dans les années 80 et raconte la vie d’une famille et d’une petite ville à partir des années 30.

L’héroïne est censée être Evelyne Couch, à l’approche de la cinquantaine mais elle est tellement perdue, déprimée, boulimique qu’on la délaisse au profit de Virginia Threadgoode une charmante, pétillante et attachante octogénaire pleine de vie. Si la première se considère « trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune » et sans raison de vivre, la deuxième est restée jeune dans sa tête et ne s’est même pas rendu-compte qu’elle était devenue vieille.

Les deux femmes se rencontrent à la maison de retraite où Evelyne accompagne son mari qui rend visite à sa mère chaque dimanche. Dès la première visite, Evelyn délaisse sa belle-mère acariâtre pour la salle à manger où elle rencontre Virginia. Celle-ci lui raconte sa jeunesse à Whistle Stop une petite ville de l’Alabama. Orpheline, elle est adoptée par la famille Threadgoode dont elle épousera l’un des 9 enfants. Les souvenirs de Ninny la mène surtout au Whistle Stop Café tenu par Idgie Threadgoode et sa compagne Ruth Jamison où elle passait une bonne partie de son temps et dégustait des beignets de tomates vertes. Le récit commence en 1929 avec l’ouverture du café et se poursuit jusqu’en 1955 date de sa fermeture.

Une amitié va naître entre les deux femmes qui aidera Evelyne à sortir de sa dépression et donner un sens à sa vie.

Parallèlement, il y a deux intrigues dont on connaît le dénouement à la fin du livre : qui a tué Frank Bennet le mari de Ruth Jamison et qui se cachait sous le nom de Railroad Bill le robin des rails qui la nuit balançait de la nourriture du train pour les petits gens affamés par la crise économique.

La structure du livre est assez originale, surtout pour les années 80, avec une alternance entre le moment présent (1985/1986), le passé (années 30, 40 et 50) et les billets humoristiques. L’histoire continue d’un chapitre à l’autre en alternant narration et action. Virginia raconte ses souvenirs et l’histoire se poursuit comme si on y était dans le chapitre suivant. Entre chaque chapitre s’intercale le bulletin hebdomadaire intitulé « La gazette de  Weems » où Dot Weems relate les événements de Whistle Stop avec humour et dérision. Autre originalité, à la fin du livre, il y a des recettes des plats servis au Whistle Stop Café dont celles des beignets de tomates vertes !

Une chronique tendre et nostalgique sur fond de crise économique. De nombreux sujets sont abordés tels que l’amour, l’amitié, l’entraide, les relations entre les noirs et les blancs, la ségrégation raciale, l’homosexualité, les violences conjugales… Avec des sujets typiques des années 80  aux Etats Unis comme le blanchiment de la peau, le Ku Klux Klan…

On retiendra surtout l’entraide et l’amitié entre les petites gens sans distinction de couleurs de peau. Petites gens que l’on quitte avec regrets !

A découvrir ou redécouvrir pour passer un bon moment avec des personnages attachants !

Beignets de tomates vertes

Roman de Fannie Flagg

Traduction française parue aux éditions J’ai lu en 1992 – 475 pages

Les chasseurs de mammouths de Jean M. Auel

Après « Le clan de l’ours des cavernes »  et « La vallée des chevaux », voici « Les chasseurs de mammouths » le troisième tome des aventures d’Ayla l’héroïne de la célèbre saga préhistorique de Jean M. Auel.

Avant de partir faire le « Grand voyage », Ayla et Jondalar décident de faire un petit voyage de quelques jours au delà de leur vallée, en compagnie de Whinney et Rapide les chevaux d’Ayla. C’est là qu’ils rencontrent les chasseurs de mammouths, un camp de Mamutoï appelé « Le clan du Lion ». Les échanges sont facilités car Jondalar a appris le mamutoï lorsqu’il séjournait avec son frère dans un camp de Sharamudoï jumelé à un camp de Mamutoï.

Ayla est impressionnée par ces géants roux mais aussi par leur nombre et le bruit qu’ils peuvent faire en parlant tous à la fois car elle vient d’un peuple communiquant essentiellement par gestes, et des « Autres » elle ne connaît que Jondalar. Quant aux Mamutoï, ils sont impressionnés par ce couple de blonds aux yeux bleus et plus encore par le fait qu’Ayla maîtrise l’esprit des chevaux au point de pouvoir monter sur leur dos, sentiment qui sera renforcé lorsqu’elle adoptera et apprivoisera un louveteau.

Invités à séjourner l’hiver au camp du Lion, Ayla découvre la vie en communauté, les us et coutumes des Autres, lie des amitiés très fortes et son cœur de maman se réveille lorsqu’elle rencontre Rydag un enfant d’esprits mêlés de l’âge de son fils Durc qu’elle a confié à sa sœur 3 ans auparavant quand elle a été bannie du clan de l’ours des Caverne. En lui apprenant le langage gestuel du clan, Ayla va transformé la vie du petit Rydag au sein de son peuple car il pourra enfin communiquer avec les autres et ainsi ne plus être considéré comme un animal incapable de parler. Ayla va lier avec cet enfant une relation particulière.

Ayla et Jondalar vont partager leurs inventions et découvertes (propulseurs à sagaies, travois, pierre à feux…) et apprendre de nouvelles techniques. Ils vont vivre pleins d’aventures au camp du Lion ainsi que lors du rassemblement d’été des camps de Mamutoï de la région. Leur amour sera mis à rudes épreuves avec de nouveau des incompréhensions mutuelles mais aussi à cause du beau Ranec qui tombe sous le charme d’Ayla et qui ne laisse pas cette dernière insensible !

Un troisième tome encore différent des deux premiers dans lequel on retrouve la plume de Jean M. Auel avec de l’action, des sentiments… On dévore les nombreuses pages sans s’en rendre compte et on en redemande ! J’espère vous avoir donné envie de découvrir cette saga avec la présentation des 3 premiers tomes. Pour le moment, je ne pense pas publier d’articles sur les trois derniers tomes. Le quatrième et le cinquième tomes nous font vivre les aventures et les mésaventures d’Ayla et de Jondalar au cours de leur « Grand Voyage » qui les ramène dans la famille de Jondalar, puis leur vie là-bas, la naissance de leur fille et enfin l’initiation d’Ayla au monde des esprits dans le dernier tome.

Les chasseurs de mammouths 

Tome 3 de la saga préhistorique « Les enfants de la Terre » de Jean M. Auel

Paru aux Editions Pocket – 915 pages