Le Chant du Grand Nord de Nicolas Vanier (2 tomes)

Le Chant du Grand Nord est l’un des romans de Nicolas Vanier que je préfère (même si je les aime tous). Si c’était un film, on parlerait d’un road movie car le héros est sur la route du début jusqu’à la fin du livre. Au cours d’un périple de 5 années, il fera un aller-retour entre la côte Ouest de l’Alaska jusqu’à la côte Est du Canada à Québec.

GRAND NORD TOME 1

Ohio a quinze ans lorsqu’il est forcé de quitter son village chassé par le chaman qui le déteste depuis sa naissance, ne cesse de l’humilier et de répéter qu’il est l’Esprit du Mal. Pour preuve, Ohio n’a toujours pas eu le sahii (le droit de tuer des animaux avec une arme) alors que tous les enfants de 13 ans l’ont. Tout ça parce qu’il est différent des autres indiens Nahannis car il est le fruit d’un amour entre sa mère Sacajawa, une belle indienne qui a servi de guide à une expédition, et de Cooper un Anglais. De son handicap, il en a fait une force car n’ayant pas le droit de chasser avec un arc ou une lance, il est devenu le meilleur piégeur et a développé des inventions telle que la roue à saumon ne pouvant pêcher à la lance.

Il part de son village avec sa meute de chiens dont le chef est Torok, un husky intelligent et qui voue un amour indéfectible à son maître, ainsi que Oumiak, la seule chienne de la meute, qui fera plusieurs portées au cours du périple.

GRAND NORD TOME 2

Ohio rencontre des peuples très différents tels que les Blancs et leurs inventions ingénieuses (bateaux, allumettes, armes, vitres…) mais aussi les Inuits un peuple de chasseur pêcheur dont le mode de vie n’a guère évolué depuis la préhistoire. Mais surtout, il traverse un pays dévasté par la guerre que se mènent les peuples indiens entre eux pour conquérir les territoires de chasse au bénéfice des Blancs qui leur offrent en contrepartie des fourrures des denrées (lard, farine) des objets utiles (poêle, allumettes, couverture, vitres…) des armes (fusils, pièges…) et surtout de l’alcool. Ohio découvre aussi les effets dévastateurs sur la nature (des zones entières vidées de leurs animaux), la survie des peuples indiens (famines dues au temps passé à la chasse aux fourrures plutôt qu’à se constituer des réserves de viande et de poisson pour passer l’hiver, puis le manque d’animaux sur leur territoire).

On ne peut que faire un parallèle entre cette époque où le désir de fourrure des Européens détruit la vie des indiens et la nature du Grand Nord et notre époque où nos envies ou nos besoins (mobilier en teck, huile de palme…) bouleversent à jamais l’équilibre de la nature à l’autre bout du monde.

Au cours de son voyage, Ohio partira à la recherche d’informations sur ce père qui avait promis à sa mère de revenir, il apprendra qu’il n’est pas mort comme il le pense… Il rencontrera l’amour avec Mayoké une jeune indienne mais vivra aussi des drames en perdant des êtres chers, affrontera de nombreux dangers (chutes dans l’eau glacée, grizzly…).

C’est un roman d’aventures très rythmé que j’ai dévoré du début jusqu’à la fin !  Au fil des pages, j’ai vu le Grand Nord défiler dans ma tête où sont gravées les images des splendides paysages vus dans des films documentaires.  On s’enthousiasme pour cette vie simple en totale adéquation avec la nature et on se révolte face à la destruction inéluctable d’une nature, d’un peuple.

Un livre à découvrir et à dévorer !

Le Chant du Grand Nord 

  • Tome 1 – Le chasseur de rêve – 474 pages
  • Tome 2 – La tempête blanche – 460 pages

Roman de Nicolas Vanier paru chez XO Éditions en 2002

L ‘or sous la neige de Nicolas Vanier

« Gold ! Gold ! Gold ! » ou « Des tonnes d’or en Alaska » titraient les journaux américains de juillet 1897 déclenchant ainsi l’une des plus grandes ruées vers l’or de toute l’Histoire. Entre 1897 et 1899, plus de 250 000 personnes venues du monde entier abandonnent tout pour aller chercher de l’or.  Seulement cinquante mille arriveront à Dawson. Parmi eux, il y a eu Jack London qui ne trouva pas d’or mais qui grâce à cette aventure nous offrira de merveilleux récits emprunts du Grand Nord tels que « Croc blanc » ou « L’appel de la forêt ».

L'or sous la neige

Après un trajet en bateau de San Francisco ou Seattle à Skagway au sud de l’Alaska, il fallait encore parcourir à pieds 700 km avant d’arriver à Dawson en franchissant des cols, des rivières et des rapides le tout dans des conditions climatiques extrêmes. C’était pour limiter les accidents que la police ne laissait passer que les personnes emportant une tonne de vivres et de matériel avec eux.

Ils avaient tous la même obsession : arriver les premiers avant qu’il n’y ait plus d’or !

C’est le cas de Matt, un jeune fermier parti tenter sa chance à San Francisco en tant que docker, à qui on propose une association la veille que le Portland n’arrive au port avec ses tonnes d’or à bord et que la nouvelle soit publiée dans les journaux. Au cours de son périple jusqu’à Dawson, il risque sa vie, côtoie la mort mais aussi rencontre l’amour. Il fera route avec Marie la prostituée de San Francisco qui suivant son intuition que les femmes manqueraient en Alaska est partie faire fortune avec son corps. Mais aussi Or la chienne qu’il a achetée à un indien et qui lui donnera 7 petits de quoi former un attelage pour voyager sur les pistes enneigées.

Une fois installé, son chemin croisera de nombreuses fois Mersh le vieux trappeur solitaire, avare en parole et pour qui seuls les actes comptent. Ainsi que Nastasia la belle et farouche indienne.

On lit avec plaisir cette aventure, où se côtoient la misère et la luxure, la vie et la mort, l’homme blanc esclave du capitalisme et l’homme de la nature emprunt de liberté. Au fil des pages, des images de paysages magnifiques défilent dans notre tête.

Le livre contient un petit dossier documentaire intéressant comprenant des photos de l’époque et des informations.

doc

A découvrir et à dévorer !

La presse en a parlé :
  • « Un hymne à la nature et à la liberté » Télé 7 Jeux
  • « L’incroyable odyssée de la ruée vers l’or en Alaska» Paris Match
  • « Un hymne à la nature sauvage, où l’homme doit s’adapter ou mourir » Le Figaro
  • « Une prodigieuse bouffée d’Alaska» Le Parisien, Aujourd’hui en France

L’or sous la neige de Nicolas Vanier

Roman chez XO Éditions paru en 2004 – 398 pages

Loup de Nicolas Vanier

Quand on nomme son blog « Ma Cabane en Alaska » ce n’est pas par hasard, c’est que l’on aime le Grand Nord et la nature sauvage. Et par conséquent, j’ai lu tous les livres de Nicolas Vanier et vu tous ses films et documentaires.

A l’exception de son roman « Le grand brame » et le roman de son film « Belle et Sébastien », tous les romans de Nicolas Vanier parlent du Grand Nord (canadien, sibérien…) mais « Loup » est le seul roman vraiment engagé. Outre un éloge de la nature, ce roman est un avertissement au monde occidental dont le mode de vie est en train de détruire la nature et par là même notre planète.

En Sibérie, Sergueï un jeune Evène de dix-sept ans, fils du chef, devient le gardien de la grande harde. Il doit mener le troupeau de rennes du clan vers les pâturages et le protéger de son principal prédateur le loup. Le loup étant un ennemi héréditaire qu’il doit abattre sans état d’âme. Sauf, qu’il transgresse cette loi millénaire lorsqu’il laisse en vie une louve et ses 4 petits. Il se dit qu’il le fera plus tard et vit des instants de bonheur à regarder les louveteaux jouer et grandir. Peu à peu, il les apprivoise et un lien très fort les unit. Malheureusement, son rival découvre son secret et le dénonce au clan qui le renie. Celui-ci part vivre avec ses loups. Son chemin croisera les occidentaux qui menacent l’équilibre de son pays et la survie des siens.

Roman structuré en 3 parties, nous découvrons d’abord le monde des Evènes, peuple nomade de Sibérie aux traits communs avec les Mongols et les Inuits, son mode de vie ancestral et ses traditions. On assiste au passage de l’enfance au monde adulte du jeune Sergueï en devenant le gardien de la harde, à son histoire d’amour avec Nastazia la fille du chef d’un autre clan, à la rivalité avec Wladim son adversaire de toujours et à la naissance d’un amour interdit avec l’ennemi héréditaire.

Dans un deuxième temps, les chasseurs occidentaux débarquent avec leur technologie qui permet de repérer et d’abattre un animal sans le rater à une centaine de mètres et leur soif de trophées. Alors que les Evènes tuent les animaux pour se nourrir et ajustent leur prélèvement en fonction du nombre des naissances pour équilibrer la harde quitte à se priver, les chasseurs occidentaux tuent sans compter, laissant derrière eux des cadavres sans têtes.

Enfin, le clan est confronté aux pirates des bois, des russes qui viennent déforester illégalement les forêts reculées de Sibérie. Seul le profit compte, les conséquences tels que les éboulements de terrain et la boue qui recouvre tout, la destruction de l’habitat et de la nourriture de nombreuses espèces vivant là, sont sans importance.

Nicolas Vanier nous livre un roman d’aventures menées tambour battant au cœur d’un territoire magnifique et impitoyable pour celui qui ne connaît pas les règles élémentaires de survie. Les personnages sont bien campés et très réalistes. Les moments partagés avec les loups sont des purs moments de bonheur. Ces pages invitent à la réflexion sur notre vie occidentale et ses conséquences, sur la notion de liberté et celle de l’esclavage (à l’argent).  Malheureusement, on assiste à la survie et la fin prochaine des derniers clans nomades car ils sont voués à disparaître faute de nature préservée et l’appel d’une vie plus facile, comme bon nombre d’autres peuples sur terre.

A découvrir et à dévorer !

Loup de Nicolas Vanier

Roman chez XO Éditions – 398 pages – 2008