Donne-moi des ailes de Nicolas Vanier !

Le dernier film de Nicolas Vanier « Donne-moi des ailes » vient de sortir au cinéma. Ce film fiction est inspiré d’une histoire vraie, celle de Christian Moullec un amoureux des oiseaux migrateurs qui voue sa vie à sauver les espèces en voies de disparition.

En 1995, il projette de réintroduire des oies naines en Suède en les habituant à voler près de son ULM afin de leur apprendre un nouvel itinéraire de migration moins dangereux que celui qui a causé leur disparition. Le projet débute avec des oies nonnettes apprivoisées et réussit en 1999 avec des oies naines sauvages ayant appris un nouveau chemin migratoire. Pour sauver l’espèce, il aurait fallu renouveler plusieurs fois l’aventure pour réintroduire 500 oies, malheureusement le projet est resté sans suite faute d’avoir obtenu toutes les autorisations des pays concernés.

Loin d’en rester là, Christian Moullec participe à des films sur les oiseaux et surtout pour sensibiliser le grand public, il crée une association Vol en V, qui propose des baptêmes en ULM et montgolfière avec les oies. En octobre 2017, c’est un client un peu particulier qui effectue un vol avec les oies. Il s’agit de Nicolas Vanier qui en ressort émerveillé et décide de réaliser un film et un livre !

roman Donne-moi des ailes de Nicolas Vanier d'après le film sorti au cinéma le 9 octobre 2019

Le livre :

Thomas Le Tallec, un adolescent de 14 ans, vit un passage difficile depuis la séparation de ses parents. Lorsque son père est parti vivre à 800 km de lui, il s’est senti abandonné et s’est réfugié dans sa bulle, son petit monde d’ado composé de jeux vidéos et de réseaux sociaux, délaissant ses études. A l’approche des vacances de Pâques, son redoublement de la troisième semble inévitable. Sa mère Paola qui a de plus en plus de mal à supporter leurs relations tendues, décide de passer le relais le temps des vacances à son ex-mari.

En arrivant chez son père, en Camargue, Thomas découvre un monde opposé à son quotidien parisien. Son père habite une ferme isolée au bord d’un marais avec la nature à perte de vue. D’emblée, il boude pour marquer son mécontentement d’être là et lui faire payer l’abandon. Les premiers jours sont difficiles, sans connexion internet pour pouvoir jouer aux jeux vidéos et presque sans réseau téléphonique, il faut grimper en haut d’une tour d’observation, qu’il supplie sa mère de venir le rechercher.

Son père, Christian Le Tallec le laisse bouder et continue les préparatifs pour mener à bien le combat de sa vie. Ornithologue et passionné par les oiseaux, il rêve de sauver une espèce d’oies sauvages en voie de disparition, leur chemin migratoire étant devenu trop dangereux. Son plan, nommé « Projet Odyssée » est d’élever des oies et de leur apprendre un nouvel itinéraire moins dangereux. Après les avoir emmené en Norvège, leur futur lieu de nidification, il leur montrera le chemin à l’aide de son ULM jusqu’au marais de Saint Romain en Camargue, leur lieu d’hivernage. Pour mener à bien son sauvetage, qu’il prépare depuis des années, il a cherché le meilleur itinéraire possible, apprit à piloter un ULM, et s’apprête à imprégner ses futures oies afin qu’elles le suivent comme s’il était leur père. Pour cela, il habitue les œufs au bruit du moteur en leur faisant écouter un enregistrement, il prévoit de s’accoutrer d’une robe de bure à capuche afin de casser sa silhouette humaine pour qu’elles le différencient des autres humains et en particulier des chasseurs.

Intrigué par le hangar où son père passe ses journées, Thomas profite de l’absence de celui-ci pour y jeter un œil. Il découvre l’ULM que son père est en train de monter. Il ne résiste pas non plus à toucher aux œufs. L’un d’eux se fissure, un instant il croit avoir tué un oisillon alors que celui-ci est tout simplement en train de naître. Les autres suivront et s’enticheront de lui et réciproquement.

Les jours passent et la fin des vacances approche mais Thomas ne veut pas laisser ses oies. Il veut participer à l’Odyssée, les accompagner dans leur grand voyage, vivre cette aventure jusqu’au bout. Il ne veut pas rentrer chez sa mère et reprendre sa vie de collégien comme ci tout ce qu’il avait vécu n’était qu’une parenthèse le temps des vacances. De toute façon, sa troisième est fichue. Reste à convaincre sa mère. Malgré ses réticences, celle-ci accepte, à la condition que son fils ne vole pas, car elle ne reconnaît pas son fils tellement son séjour l’a transformé.

Début août, Christian, Thomas et Bjorn, un ami ornithologue qui assurera le soutien logistique au sol lors du grand voyage, et les oies partent en direction de la Norvège. Commence alors une aventure inoubliable !

Mais tout ne se passera pas comme prévu… n’ayant pas obtenu les autorisations nécessaires et ne voulant pas risquer de voir l’espèce menacée disparaître s’il repoussait le projet d’un an, Christian a falsifié les documents espérant que personne n’y regarderait de trop près. Mais c’était sans compter sur un fonctionnaire norvégien pointilleux vouant une haine à Bjorn. A peine arrivés en Norvège, les problèmes commencent, les oies sont en danger…

Au fil des pages, on découvre un homme passionné prêt à tout pour sauver ses protégées, on observe la transformation d’un adolescent qui a trouvé un sens à sa vie, on s’émeut des premiers pas, des premières semaines des oies puis on frissonne lorsque les dangers les guettent ! Des personnages vrais et attachants, une aventure extraordinaire !

Ce livre est aussi un cri d’alarme et une invitation à réfléchir, à agir personnellement, collectivement et politiquement avant qu’il ne soit trop tard ! Trop tard pour les espèces en voie de disparition, pour la biodiversité, pour la planète…

Donne-moi des ailes

Roman de Nicolas Vanier

Paru chez XO Editions en 2019 – 340 pages

Le film :

Je vais rarement voir un film après avoir lu le livre car je suis plus lectrice que cinéphile. Aux images, je préfère les mots qui offrent plus d’intensité, de profondeur aux sentiments et aux émotions.

Mais là j’ai fait une exception car je pressentais que le film serait proche de l’histoire avec le paysage, les vols et les oies en images ! Je n’ai pas été déçue.

Bien sûr, le film occulte une bonne partie des informations concernant la vie des personnages, de leurs émotions ainsi que celles des oies. Dans le livre, toutes les oies ont un petit nom, un caractère propre, les émotions lors de l’Odyssée sont décrites avec plus d’intensité.

Mais, il est impossible de faire rentrer 340 pages dans 1h53. Le film est une réussite : un joli conte écolo, de l’humour, de bons acteurs et de beaux paysages !

Un film qui rencontrera un grand succès auprès des amoureux des animaux, de la nature… A la fin de la séance, le film a été applaudit !

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Le livre et le film se terminent avec le même message :

Plus de 420 millions d’oiseaux ont disparu du ciel européen en moins de trente ans, tandis que le béton et l’asphalte gagnent 80 000 hectares par an dans un pays comme la France.

Aujourd’hui plus que jamais, alors qu’aux dires des experts il reste deux ans pour réagir, il s’agit de rappeler ce proverbe indien :

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »

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Le Chant du Grand Nord de Nicolas Vanier (2 tomes)

Le Chant du Grand Nord est l’un des romans de Nicolas Vanier que je préfère (même si je les aime tous). Si c’était un film, on parlerait d’un road movie car le héros est sur la route du début jusqu’à la fin du livre. Au cours d’un périple de 5 années, il fera un aller-retour entre la côte Ouest de l’Alaska jusqu’à la côte Est du Canada à Québec.

GRAND NORD TOME 1

Ohio a quinze ans lorsqu’il est forcé de quitter son village chassé par le chaman qui le déteste depuis sa naissance, ne cesse de l’humilier et de répéter qu’il est l’Esprit du Mal. Pour preuve, Ohio n’a toujours pas eu le sahii (le droit de tuer des animaux avec une arme) alors que tous les enfants de 13 ans l’ont. Tout ça parce qu’il est différent des autres indiens Nahannis car il est le fruit d’un amour entre sa mère Sacajawa, une belle indienne qui a servi de guide à une expédition, et de Cooper un Anglais. De son handicap, il en a fait une force car n’ayant pas le droit de chasser avec un arc ou une lance, il est devenu le meilleur piégeur et a développé des inventions telle que la roue à saumon ne pouvant pêcher à la lance.

Il part de son village avec sa meute de chiens dont le chef est Torok, un husky intelligent et qui voue un amour indéfectible à son maître, ainsi que Oumiak, la seule chienne de la meute, qui fera plusieurs portées au cours du périple.

GRAND NORD TOME 2

Ohio rencontre des peuples très différents tels que les Blancs et leurs inventions ingénieuses (bateaux, allumettes, armes, vitres…) mais aussi les Inuits un peuple de chasseur pêcheur dont le mode de vie n’a guère évolué depuis la préhistoire. Mais surtout, il traverse un pays dévasté par la guerre que se mènent les peuples indiens entre eux pour conquérir les territoires de chasse au bénéfice des Blancs qui leur offrent en contrepartie des fourrures des denrées (lard, farine) des objets utiles (poêle, allumettes, couverture, vitres…) des armes (fusils, pièges…) et surtout de l’alcool. Ohio découvre aussi les effets dévastateurs sur la nature (des zones entières vidées de leurs animaux), la survie des peuples indiens (famines dues au temps passé à la chasse aux fourrures plutôt qu’à se constituer des réserves de viande et de poisson pour passer l’hiver, puis le manque d’animaux sur leur territoire).

On ne peut que faire un parallèle entre cette époque où le désir de fourrure des Européens détruit la vie des indiens et la nature du Grand Nord et notre époque où nos envies ou nos besoins (mobilier en teck, huile de palme…) bouleversent à jamais l’équilibre de la nature à l’autre bout du monde.

Au cours de son voyage, Ohio partira à la recherche d’informations sur ce père qui avait promis à sa mère de revenir, il apprendra qu’il n’est pas mort comme il le pense… Il rencontrera l’amour avec Mayoké une jeune indienne mais vivra aussi des drames en perdant des êtres chers, affrontera de nombreux dangers (chutes dans l’eau glacée, grizzly…).

C’est un roman d’aventures très rythmé que j’ai dévoré du début jusqu’à la fin !  Au fil des pages, j’ai vu le Grand Nord défiler dans ma tête où sont gravées les images des splendides paysages vus dans des films documentaires.  On s’enthousiasme pour cette vie simple en totale adéquation avec la nature et on se révolte face à la destruction inéluctable d’une nature, d’un peuple.

Un livre à découvrir et à dévorer !

Le Chant du Grand Nord 

  • Tome 1 – Le chasseur de rêve – 474 pages
  • Tome 2 – La tempête blanche – 460 pages

Roman de Nicolas Vanier paru chez XO Éditions en 2002

L ‘or sous la neige de Nicolas Vanier

« Gold ! Gold ! Gold ! » ou « Des tonnes d’or en Alaska » titraient les journaux américains de juillet 1897 déclenchant ainsi l’une des plus grandes ruées vers l’or de toute l’Histoire. Entre 1897 et 1899, plus de 250 000 personnes venues du monde entier abandonnent tout pour aller chercher de l’or.  Seulement cinquante mille arriveront à Dawson. Parmi eux, il y a eu Jack London qui ne trouva pas d’or mais qui grâce à cette aventure nous offrira de merveilleux récits emprunts du Grand Nord tels que « Croc blanc » ou « L’appel de la forêt ».

L'or sous la neige

Après un trajet en bateau de San Francisco ou Seattle à Skagway au sud de l’Alaska, il fallait encore parcourir à pieds 700 km avant d’arriver à Dawson en franchissant des cols, des rivières et des rapides le tout dans des conditions climatiques extrêmes. C’était pour limiter les accidents que la police ne laissait passer que les personnes emportant une tonne de vivres et de matériel avec eux.

Ils avaient tous la même obsession : arriver les premiers avant qu’il n’y ait plus d’or !

C’est le cas de Matt, un jeune fermier parti tenter sa chance à San Francisco en tant que docker, à qui on propose une association la veille que le Portland n’arrive au port avec ses tonnes d’or à bord et que la nouvelle soit publiée dans les journaux. Au cours de son périple jusqu’à Dawson, il risque sa vie, côtoie la mort mais aussi rencontre l’amour. Il fera route avec Marie la prostituée de San Francisco qui suivant son intuition que les femmes manqueraient en Alaska est partie faire fortune avec son corps. Mais aussi Or la chienne qu’il a achetée à un indien et qui lui donnera 7 petits de quoi former un attelage pour voyager sur les pistes enneigées.

Une fois installé, son chemin croisera de nombreuses fois Mersh le vieux trappeur solitaire, avare en parole et pour qui seuls les actes comptent. Ainsi que Nastasia la belle et farouche indienne.

On lit avec plaisir cette aventure, où se côtoient la misère et la luxure, la vie et la mort, l’homme blanc esclave du capitalisme et l’homme de la nature emprunt de liberté. Au fil des pages, des images de paysages magnifiques défilent dans notre tête.

Le livre contient un petit dossier documentaire intéressant comprenant des photos de l’époque et des informations.

doc

A découvrir et à dévorer !

La presse en a parlé :
  • « Un hymne à la nature et à la liberté » Télé 7 Jeux
  • « L’incroyable odyssée de la ruée vers l’or en Alaska» Paris Match
  • « Un hymne à la nature sauvage, où l’homme doit s’adapter ou mourir » Le Figaro
  • « Une prodigieuse bouffée d’Alaska» Le Parisien, Aujourd’hui en France

L’or sous la neige de Nicolas Vanier

Roman chez XO Éditions paru en 2004 – 398 pages

Loup de Nicolas Vanier

Quand on nomme son blog « Ma Cabane en Alaska » ce n’est pas par hasard, c’est que l’on aime le Grand Nord et la nature sauvage. Et par conséquent, j’ai lu tous les livres de Nicolas Vanier et vu tous ses films et documentaires.

A l’exception de son roman « Le grand brame » et le roman de son film « Belle et Sébastien », tous les romans de Nicolas Vanier parlent du Grand Nord (canadien, sibérien…) mais « Loup » est le seul roman vraiment engagé. Outre un éloge de la nature, ce roman est un avertissement au monde occidental dont le mode de vie est en train de détruire la nature et par là même notre planète.

En Sibérie, Sergueï un jeune Evène de dix-sept ans, fils du chef, devient le gardien de la grande harde. Il doit mener le troupeau de rennes du clan vers les pâturages et le protéger de son principal prédateur le loup. Le loup étant un ennemi héréditaire qu’il doit abattre sans état d’âme. Sauf, qu’il transgresse cette loi millénaire lorsqu’il laisse en vie une louve et ses 4 petits. Il se dit qu’il le fera plus tard et vit des instants de bonheur à regarder les louveteaux jouer et grandir. Peu à peu, il les apprivoise et un lien très fort les unit. Malheureusement, son rival découvre son secret et le dénonce au clan qui le renie. Celui-ci part vivre avec ses loups. Son chemin croisera les occidentaux qui menacent l’équilibre de son pays et la survie des siens.

Roman structuré en 3 parties, nous découvrons d’abord le monde des Evènes, peuple nomade de Sibérie aux traits communs avec les Mongols et les Inuits, son mode de vie ancestral et ses traditions. On assiste au passage de l’enfance au monde adulte du jeune Sergueï en devenant le gardien de la harde, à son histoire d’amour avec Nastazia la fille du chef d’un autre clan, à la rivalité avec Wladim son adversaire de toujours et à la naissance d’un amour interdit avec l’ennemi héréditaire.

Dans un deuxième temps, les chasseurs occidentaux débarquent avec leur technologie qui permet de repérer et d’abattre un animal sans le rater à une centaine de mètres et leur soif de trophées. Alors que les Evènes tuent les animaux pour se nourrir et ajustent leur prélèvement en fonction du nombre des naissances pour équilibrer la harde quitte à se priver, les chasseurs occidentaux tuent sans compter, laissant derrière eux des cadavres sans têtes.

Enfin, le clan est confronté aux pirates des bois, des russes qui viennent déforester illégalement les forêts reculées de Sibérie. Seul le profit compte, les conséquences tels que les éboulements de terrain et la boue qui recouvre tout, la destruction de l’habitat et de la nourriture de nombreuses espèces vivant là, sont sans importance.

Nicolas Vanier nous livre un roman d’aventures menées tambour battant au cœur d’un territoire magnifique et impitoyable pour celui qui ne connaît pas les règles élémentaires de survie. Les personnages sont bien campés et très réalistes. Les moments partagés avec les loups sont des purs moments de bonheur. Ces pages invitent à la réflexion sur notre vie occidentale et ses conséquences, sur la notion de liberté et celle de l’esclavage (à l’argent).  Malheureusement, on assiste à la survie et la fin prochaine des derniers clans nomades car ils sont voués à disparaître faute de nature préservée et l’appel d’une vie plus facile, comme bon nombre d’autres peuples sur terre.

A découvrir et à dévorer !

Loup de Nicolas Vanier

Roman chez XO Éditions – 398 pages – 2008

Belle et Sébastien de Nicolas Vanier

En général, je lis le livre avant de voir le film car souvent le film est l’adaptation d’un livre qui a remporté beaucoup de succès. Et je préfère toujours le livre au film, car si un film favorise le visuel et l’action, un livre offre l’imaginaire et les sentiments, une relation plus intime.

Là, le film et le livre ont été conçus en même temps, du coup ils sont identiques.

J’avais beaucoup aimé le film. Les paysages au fil des saisons sont magnifiques. D’ailleurs, deux ans après ces images m’ont accompagné au fil des pages.

Nicolas Vanier a choisi les Alpes et la Seconde guerre mondiale comme cadre à sa version de Belle & Sébastien.

En période de guerre où la nourriture est rationnée et l’ennemi omniprésent, une bête massacre les troupeaux de moutons dans les alpages. Alors qu’une traque de la bête commence, Sébastien décide de l’apprivoiser en lui laissant de la nourriture. De là naît une amitié entre l’enfant et le patou.

Une belle histoire sur fond d’occupation et de résistance, des personnages forts, une nature magnifique, un dénouement inattendu.

A lire et à voir !

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Belle et Sébastien de Nicolas Vanier  d’après l’œuvre de Cécile Aubry

Roman aux éditions XO –  362 pages – 2013