L’homme qui marche de Jiro Taniguchi

« L’homme qui marche » est le premier manga que Jirô Taniguchi réalise seul, auparavant il collaborait avec des scénaristes marquant ainsi un tournant dans sa carrière. De ce travail solitaire naîtra un style qui fera son succès.

Ce manga a été choisi avec d’autres pour faire partie de la collection « manga » que lance les éditions Casterman en 1995. Une initiation au manga tout en douceur puisqu’il se lit comme une bande dessinée européenne et non comme un manga japonais (de droite à gauche en partant de la fin du livre) à la différence toutefois qu’il est en noir et blanc (seule la couverture est en couleur) contrairement à nos bandes dessinées.

On retrouve le style de Jirô Taniguchi dans la forme avec un titre et un dessin pleine page pour débuter chaque chapitre, une alternance dans le format des images (vues d’ensemble et gros plans).

Au premier plan, la branche de cerisier du Japon attire notre attention : on sentirait presque l’odeur du printemps. Le marcheur nous invite à le suivre… 

Le style Jirô Taniguchi, c’est aussi  dans un trait de crayon extrêmement fin et précis offrant détail et justesse des paysages et des expressions.

Grimpé à l’arbre pour décrocher un jouet d’enfant, il reste perché dans l’arbre à se remémorer le temps où il grimpait aux arbres et à savourer ce moment unique.

« L’homme qui marche », ce n’est pas une histoire mais 17 promenades d’un marcheur solitaire qui marche, erre sans but pour le plaisir de marcher, observer la nature, écouter les bruits, sentir l’herbe sous ses pieds, la neige ou la pluie tomber sur son visage. Chaque promenade fait 8 pages en moyenne, les dialogues s’effacent pour laisser place aux dessins, qui décrivent les sensations et les émotions.

Il prend goût au grand air, à la nature, s’émerveille et utilise tous ses sens et devient l’homme qui marche en pleine conscience.

Lors d’une promenade, il reçoit un ballon en pleine tête et ses lunettes sont brisées : il s’amuse à voir le monde flou et déformé !

La lecture de ce livre ouvre une parenthèse dans un monde qui va trop vite, qui est déconnecté de la nature, qui ne laisse plus de place à la flânerie, aux rêves éveillés…  et donne envie de sortir, d’errer sans but, se perdre dans une ville et prendre le temps de la découvrir ou de la redécouvrir autrement… mais surtout de prendre son temps et de s’émerveiller.

Une œuvre poétique à lire et à relire pour nous rappeler de ralentir et de s’offrir des moments de petits bonheurs en réveillant nos sens endormis.

L’homme qui marche

Manga de Jiro Taniguchi

Paru chez Casterman en 1995 – 142 pages

Au revoir Monsieur Taniguchi !

Jirô Taniguchi, le grand mangaka japonais nous a quitté ce week-end, son décès ce samedi 11 février 2017 laisse nos cœurs tristes !

C’est avec « Quartier Lointain » que j’ai découvert  le monde des mangas pour adultes et surtout cet artiste talentueux au coup de crayon d’une incroyable précision, un des maîtres de la bande dessinée japonaise, un des rares japonais a avoir connu un tel succès en France (plus d’un millions de livres vendus).

Auteur prolifique (une cinquantaine d’œuvres dont une trentaine publiée en France) très influencé par la bande dessinée européenne, ayant exploré presque tous les genres (polar, historique, western, animalier, tranche de vie…) avec des thèmes majeurs tels que la nature, les grands espaces, la relation profonde aux racines, aux origines, à la famille, l’art de la narration paisible, le sens de l’écoulement du temps, sans oublier les plaisirs de la table. C’est le côté humaniste et la dimension universelle qui ont fait le succès de son œuvre.

Au milieu des années 90, alors que l’Europe commence à s’ouvrir aux mangas les éditions Casterman décide de lancer une collection « Mangas » dont faisait partie « L’Homme qui marche » publié en France en 1995.

Mais les français découvrent vraiment son œuvre en 2003 lorsqu’il remporte le prix du meilleur scénario au festival international de la bande dessinée d’Angoulême avec « Quartier Lointain ». En 2005, il remporte le prix du dessin avec « Le sommet des Dieux ». En 2011, il reçoit la médaille de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

En 2015, vingt ans après sa première publication en France le festival international de la bande dessinée d’Angoulême lui rend hommage avec une large rétrospective de quarante ans de création intitulée « Jirô Taniguchi, l’homme qui rêve ».

Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez lire ou relire mes articles présentant :

Mon prochain article « lecture » sera consacré à « L’homme qui marche » son premier manga publié en France.

Monsieur Taniguchi, on vous dit « Au revoir et merci pour tous les bons moments passés et à venir avec vos livres ! »

Les cahiers d’Esther, histoires de mes 10 ans de Riad Sattouf

Pendant 8 ans, Riad Sattouf a publié chaque semaine « La vie secrète des jeunes » dans Charlie Hebdo où il dessinait ce qu’il entendait dans la rue, le bus ou le métro. Lassé par cette facette un peu sombre du monde dans lequel il vit , il quitte le journal satirique pour se consacrer à l’écriture de « L’arabe du futur » une bande dessinée autobiographique en 3 tomes sur son enfance au Moyen Orient. Puis quand il revoit la fille d’un couple d’amis alors âgée de 10 ans qui lui raconte sa vie, son école, ses amis… cela lui donne envie de créer les cahiers d’Esther une chronique hebdomadaire.

Les cahiers d’Esther, c’est une histoire publiée chaque semaine en dernière page de l’Obs depuis octobre 2014. Les 52 premières histoires ont été regroupées et publiées dans un album intitulé « Histoires de mes 10 ans ». Le projet de l’auteur est de raconter la vie d’Esther de ses 10 ans jusqu’à ses 18 ans retraçant ainsi son enfance, son adolescence dans le monde actuel. Une pépite pour les sociologues du futur !

Si Esther existe vraiment, Riad Sattouf a pris soin de brouiller les pistes pour que la vrai Esther ne soit pas identifiée. Si elle habite bien à Paris, qu’elle va dans une école privée, fait de la danse, elle ne s’appelle pas Esther et ne vit pas dans le 17ème arrondissement. Selon l’auteur, beaucoup de gens aux quatre coins de la capitale croient avoir découvert l’identité de la vraie Esther !

Dès la première page, on retrouve la signature de Riad Sattouf : un code couleur différent à chaque page en plus du blanc et noir du dessin, il utilise uniquement 2 couleurs et de nombreuses annotations qui renforcent la description ou l’émotion de l’histoire.

Esther nous livre son quotidien au travers d’histoires se passant chez elle avec sa famille (un Papa qu’elle adore et un grand-frère « con »), à l’école (dans sa classe de CM1, dans la cour de récré), chez ses amies, en vacances. De nombreux thèmes sont traités comme le racisme, l’homosexualité, le Père Noël, l’amour, la mort, le divorce … ainsi que des thèmes d’actualité comme le petit pont massacreur ou l’attentat à Charlie Hebdo vécu par les enfants.

Tous ceux qui ont des filles qui ont une dizaine d’années reconnaitront les nombreuses références aux chanteurs actuels (La fouine, Black M, Maître Gims, Kendjy Girac, Byoncé, Tal …) aux stars de séries télévisées comme Violetta, aux jeux et gadgets des filles de 10 ans : Kidisecrets, Rainbow Loom, bracelets ou colliers BFF (Best Friends Forever) et My Angela une application où il faut s’occuper d’une chatte et entre autre la nourrir ou lui laver les dents (tâches vertes sur les dents).

Esther a des rêves : avoir un iPhone (même le 4) d’ailleurs quand elle sera grande elle offrira un iPhone à ses enfants dès leur naissance, se teindre en blonde à sa majorité et être chanteuse !

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Si toutes ces références me parlent, je ne reconnais pas la violence, la notion de pauvres et de riches décrites dans le livre. Même si je sais que les enfants sont cruels, que la violence est plus courante que l’on ne le croit et pas seulement à Paris, je suis contente que mes enfants aient grandi dans une ville ayant une mixité sociale avec une certaine homogénéité économique où les parents ont une volonté de surprotéger leurs enfants pour une enfance heureuse.

Quelques morceaux choisis :

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Ce n’est pas une BD humoristique ou satirique mais plutôt sociologique. Etant publiées en dernière page de l’Obs, ces histoires ne sont pas particulièrement destinées aux enfants donc à vous de les lire et de voir si elles peuvent être lues par votre enfant.

Même s’il y a un ordre chronologique, les histoires peuvent se lire au gré de nos envies.

Les Cahiers d’Esther

Tome 1 : Histoires de mes 10 ans (2016) – 54 pages

Bande dessinée d’après des histoires vraies racontées par Esther de Riad Sattouf

Parue chez Allary Editions après avoir été prépubliée chaque semaine dans l’Obs d’octobre 2014 à octobre 2015

La page blanche de Boulet et Pénélope Bagieu

C’est le titre et la couverture très girly qui ont attiré mon attention, un œil sur la quatrième de couverture pour en savoir un peu plus et un autre sur les planches pour voir le style… et hop une soirée BD en perspective !

Le livre commence par une grande planche où l’on voit une jeune femme assise sur un banc, l’air un peu perdu. Sur les pages suivantes, elle semble perplexe, interrogative : « je faisais quoi déjà ?… Je suis où, là ?… C’est où chez moi ?… Je m’appelle … ».

Elle s’appelle Eloïse Pinson et habite 10 rue de Nancy à Paris comme l’indique ses papiers d’identité contenus dans le sac à main à côté d’elle. Mais c’est tout, le reste de sa vie, de son identité c’est la page blanche !

Elle rentre chez elle ne sachant pas ce qu’elle va trouver derrière la porte, les auteurs laissent libre cours à leur imagination débordante. Voici une des trois planches d’hypothèses délirantes lorsqu’elle s’apprête à ouvrir la porte de son supposé appartement :

Ensuite, elle se rend à son travail et improvise son job de vendeuse dans une grande librairie. Les auteurs se sont aussi amusés à caricaturer les clients :

Rien de son environnement ne lui fait recouvrer la mémoire, elle décide alors de jouer les détectives sur sa vie avant son amnésie. Commence alors sa quête d’identité :

Tout y passe la fouille de ses papiers, de ses objets personnels, de ses réseaux sociaux…

Une histoire rythmée où se mêlent suspense, humour, dérision et imagination. Les dessins vont du simple et efficace à détaillé et romantique quand à la palette de couleurs, tout le nuancier y figure du pastel aux couleurs criardes pour créer une ambiance selon la situation.

L’histoire est prenante, on veut connaître la suite, le dénouement, la raison de cette amnésie cataloguée par le corps médical d’amnésie de film ! La fin est surprenante et inattendue, on reste un peu bouche bée. Puis vient le temps de la réflexion qu’à suscité cette morale et on s’interroge sur son identité, son rapport aux autres, à la société de consommation. Et on se pose inéluctablement la question de Qui suis-je ? Un homme ou une femme avec une identité propre ou un mouton comme tout le monde ?

Un sujet du baccalauréat de philo sous forme de BD à découvrir !

La page blanche

Bande dessinée de Boulet (scénario) et de Pénélope Bagieu (dessin et couleurs)

Parue aux éditions Delcourt – 2012 – 200 pages

Les vieux fourneaux de Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux, c’est une série de 3 bandes dessinées pleines d’humour dont les personnages principaux, comme dans La tête en l’air de Paco Roca, sont 3 retraités : Antoine, Mimile et Pierrot, amis inséparables depuis l’enfance malgré leurs différences.

Si la vie d’Antoine ressemble un peu à celle de monsieur tout le monde, Mimile est un ancien baroudeur humaniste qui a fait le tour du monde et Pierrot un ancien syndicaliste militant devenu très actif au sein d’un groupe d’action anarchiste.

Antoine et Pierrot (ci-dessus) et Mimile le baroudeur (ci-dessous)

Dans le premier tome, Émile et Pierre rejoignent leur ami Antoine pour assister à l’enterrement de sa femme Lucette.

Chez le notaire, Lucette a laissé une lettre à l’intention d’Antoine pour lui confesser son infidélité avec le PDG de la société pharmaceutique dans laquelle ils ont travaillé tous les deux. Aussitôt, Antoine fonce en Toscane où séjourne le vieux …

Mimile et Pierrot partent à sa poursuite en embarquant avec eux Sophie la petite-fille d’Antoine et de Lucette, enceinte et ancienne cadre dans la communication qui a tout laissé tout tomber pour se retirer à la campagne où elle a repris la compagnie de marionnette de sa grand-mère.

Commence alors une course contre la montre pour empêcher Antoine de faire une bêtise ! Mais je n’en dis pas plus, ni sur les suivants car cela reviendrait à dévoiler les intrigues précédentes !

Si dans le premier Tome le personnage principal c’est Antoine, dans le deuxième c’est Pierre et Émile dans le troisième.

Au fil des pages, on retrouve des messages sur notre société actuelle. Mes deux préférés :

Encore une belle bande dessinée de Wilfrid Lupano qui nous avait déjà offert « Un océan d’amour » (bande dessinée sans paroles), qui cette fois-ci s’est associé à Paul Cauuet pour illustrer cette série.

A glisser dans sa valise pour passer un bon moment pendant ses vacances !

Les vieux fourneaux

Bande dessinée de Wilfrid Lupano (scénariste) et de Paul Cauuet (illustrateur)

Série de 3 tomes parue aux Editions Dargaud :

  • Tome 1 – Ceux qui restent – 56 pages – 2014
  • Tome 2 – Bonny and Pierrot – 56 pages – 2014
  • Tome 3 – Celui qui part – 64 pages – 2015

« Facteur pour femmes » de Quella-Guyot et Morice

Juillet 1914, la guerre est déclarée, partout en France c’est la mobilisation générale ! Sur une petite île bretonne, les hommes de 20 à 50 ans s’apprêtent à partir à la guerre laissant leur île aux femmes, aux enfants, aux vieillards et à Maël réformé en raison de son pied-bot.

La vie sans les hommes s’organise, les femmes remplacent les hommes aux champs en plus de leurs tâches quotidiennes. Les vieux choisissent Maël pour remplir la fonction de facteur parce qu’il sait lire, qu’il possède un vélo et qu’avec son handicap il ne risque pas de faire le joli cœur dans les granges ou derrière les meules de foin…

Maël prend sa nouvelle fonction très à cœur, il lit les lettres à celles qui ne savent pas lire et écrit sous leur dictée leur réponse. Pour les connaître un peu plus, il ouvre le courrier et pour adoucir les nouvelles, il invente des phrases à celles qui ne savent pas lire, raye des phrases entières pour celles qui savent lire (Anastasie la censure militaire raye déjà les lieux et les indications stratégiques) et conserve même des mauvaises nouvelles.

Au fil du temps, il est devenu leur confident et ami. Un jour, Gaud qui à l’âge d’être sa mere, l’initie aux choses de l’amour. Il prend confiance en lui et se dit que d’autres femmes en manque d’hommes pourraient succomber à son charme. Il transforme alors les nouvelles, les lettres, ses lectures et les réponses à son avantage.

C’est ainsi qu’il se constitue un petit harem composé uniquement de femmes en dehors du bourg et surtout sans enfants car les enfants parlent même sans le vouloir…

Maël, le jeune homme timide, considéré comme l’idiot du village subissant les moqueries devient le maître des femmes ! Quelle revanche sur la vie et les hommes qui l’ont méprisé et raillé !

Les années passent et la fin de la guerre approche…. et toutes les bonnes choses ont une fin ! Mais je n’en dis pas plus !!!

C’est la couverture qui m’attirée, le dessin, les couleurs et le synopsis m’ont convaincue de le lire et je n’ai pas été déçue ! Une fiction qui se déroule sur une île imaginaire mais qui aurait très bien pu être vraie.

A découvrir sans attendre !

« Facteur pour femmes »

Bande dessinée de Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessins)

Parue aux Editions Grand Angle en 2015 – 110 pages

L’arabe du futur de Riad Sattouf (tomes 1 et 2)

C’est après avoir vu Riad Sattouf faire la promotion du tome 2 à la télévision que j’ai eu envie de lire l’Arabe du futur 1 et 2. Son humour et son talent de conteur se retrouve dans cette bande dessinée autobiographique qui relate son enfance (2 à 12 ans) au Moyen Orient.

Riad Sattouf est né en 1978 d’une union mixte entre une Bretonne et un Syrien. Ses parents se sont rencontrés lors de leurs études. Après une thèse en histoire contemporaine et une recherche de travail infructueuse, son père trouve une place de professeur à l’université de Tripoli. C’est ainsi que débute son enfance au Moyen Orient, d’abord en Lybie puis en Syrie.

La première chose qui interpelle, c’est la chromatologie du livre. L’auteur a utilisé un code couleur selon le lieu où se déroule l’histoire : bleu pour la France, vert pour Jersey, jaune pour la Lybie et rose pour la Syrie. L’encre de Chine et cette monochromie mettent en valeur un dessin simple mais efficace et ultra-expressif.

Dans le premier tome, Riad Sattouf raconte la rencontre de ses parents, leur arrivée et leur vie en Lybie au début des années 80. Un pays de dictature et de propagande où la propriété privée n’existe pas et où la nourriture est offerte par le régime sous forme de rationnement et avec très peu de variété. Les maisons ne ferment pas à clé sauf de l’intérieur et qu’il ne faut surtout pas laisser inoccupées quelques heures sinon d’autres se les approprient. C’est ainsi que pendant les deux années où ils vécurent en Lybie, ils n’ont jamais fait de sortie en famille. Lorsque Kadhafi promulgue de nouvelles lois obligeant les gens à échanger leur emploi, son père décide qu’il est temps de quitter la Lybie. Après un passage en Bretagne, la famille s’installe alors en Syrie dans le village natal de son père. La vie en Syrie n’est pas très différente de celle de Lybie, seule le visage du dictateur change sur les affiches. Riad, petit blondinet, se fait traiter de juif par ses cousins.

Dans le deuxième tome, Riad Sattouf a grandi, il n’est plus simple observateur mais devient acteur de son histoire tout en relatant la vie des adultes qui l’entourent. Il raconte surtout sa vie d’écolier en Syrie ainsi que sa vie avec ses parents (famille du père, amitié avec un général…). Cette première année d’école est pour lui un grand changement. Les deux pages ci-dessous en disent long sur son premier jour d’école et le souvenir qu’il en a conservé !

Le ton humoristique et le mode de narration choisi (à travers les yeux d’un enfant) lui permettent de traiter de nombreux sujets (mariage mixte, chocs des cultures, dictatures, traditions, honneur, famille…) sans jugement ni clichés. Ce qui m’a le plus surpris c’est le climat permanent de haine et de violence et notamment les sévices corporels infligés aux enfants.

Malheureusement, la série comportera 3 tomes, le dernier n’étant pas encore paru. Ce dernier tome me semble prometteur car il retracera sa vie en Syrie de 7 à 12 ans avec entre autre l’épisode de sa circoncision, moment important et traumatisant de son enfance auquel il a consacré une bande dessinée.

Un témoignage sur une époque de l’Histoire d’une partie du Moyen Orient qui est en ce moment en plein bouleversement. A découvrir !

L’arabe du futur
Bande-dessinée autobiographique en 3 tomes de Riad Sattouf
Parue chez Allary Editions
Tome 1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978 – 1984)
Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

Tome 3 à paraître